“C’est trop volatil, c’est trop risqué.”

Vous avez déjà entendu cette phrase.
Peut-être l’avez-vous prononcée.

En finance grand public, la volatilité est devenue synonyme de risque.
Un actif qui bouge beaucoup est dangereux.
Un actif qui bouge peu est rassurant.

C’est une erreur.

La volatilité mesure l’amplitude des fluctuations à court terme.
Le risque mesure la probabilité de ne pas atteindre vos objectifs ou de subir une perte permanente de capital.

Ce n’est pas la même chose.

Un ETF monde peut perdre 30 % en un an, puis retrouver son niveau quelques années plus tard.
Une obligation d’entreprise peut sembler stable pendant longtemps, puis faire défaut et effacer définitivement une partie du capital.
Un portefeuille très peu volatil peut perdre lentement son pouvoir d’achat sous l’effet de l’inflation.

Dans les trois cas, la volatilité observable est différente.
Le risque réel aussi.

La théorie financière classique, depuis Markowitz, mesure le risque par l’écart-type des rendements. C’est cohérent dans un cadre mathématique. Mais dans la vie d’un investisseur, ce qui compte n’est pas l’écart-type. Ce sont les conséquences.

Si vous avez 35 ans et investissez chaque mois, une forte volatilité peut être inconfortable, mais elle ne menace pas votre avenir financier.
Si vous avez 60 ans et retirez 4 % par an, la même volatilité peut devenir structurellement problématique.

Même actif.
Même fluctuation.
Risque différent.

Confondre volatilité et risque conduit à des décisions coûteuses :

- Réduire excessivement son exposition aux actions par peur des fluctuations.
- Surcharger un portefeuille en produits “défensifs” mal compris.
- Accepter un rendement insuffisant pour atteindre ses objectifs à long terme.
- Vendre au pire moment parce que la variation est interprétée comme un danger.

Le paradoxe est le suivant : la volatilité est visible et quantifiable.
Le risque est souvent invisible jusqu’au jour où il se matérialise.

Dans cet article, nous allons clarifier cette distinction.
Définir les différents types de risque qui existent réellement.
Comprendre quand la volatilité est un ennemi et quand elle est un allié.
Puis en tirer des implications concrètes pour votre allocation.

Parce qu’un investisseur mature ne cherche pas à éliminer la volatilité.
Il cherche à maîtriser le risque réel.

PARTIE 1
La volatilité : ce que vous croyez comprendre… et ce que cela signifie réellement

Quand on vous dit qu’un portefeuille a une volatilité de 15 %, cela ne veut pas dire que vous avez 15 % de risque de perdre votre argent. Ce n’est pas une probabilité de faillite. Ce n’est pas une estimation de catastrophe. C’est une mesure mathématique de dispersion.

La volatilité, en finance, est généralement mesurée par ce que l’on appelle l’écart-type des rendements. L’écart-type indique à quel point les rendements annuels s’éloignent de leur moyenne.

Prenons un exemple simple.

Supposons qu’un portefeuille affiche un rendement moyen de 8 % par an. Cela signifie qu’en moyenne, sur une longue période, il progresse de 8 % chaque année.

Mais dans la réalité, les marchés ne font jamais exactement 8 %. Une année peut être à +20 %, l’année suivante à –12 %, puis +15 %, puis –5 %. La moyenne sur plusieurs années peut être 8 %, mais chaque année est différente.

L’écart-type mesure cette différence autour de la moyenne.

Si la volatilité est de 15 %, cela signifie que les rendements annuels s’écartent en moyenne d’environ 15 points de pourcentage autour des 8 %.

Autrement dit, statistiquement, la majorité des années se situeront dans une zone comprise entre environ –7 % et +23 %. Ce n’est pas une promesse, c’est une approximation basée sur un modèle statistique.

Plus la volatilité est élevée, plus les variations annuelles sont importantes. Plus elle est faible, plus les rendements sont proches de la moyenne.

Il est essentiel de comprendre une chose : la volatilité ne distingue pas les bonnes surprises des mauvaises.

Une année à +30 % augmente la volatilité.
Une année à –30 % augmente également la volatilité.

Du point de vue mathématique, ces deux mouvements sont simplement des écarts importants par rapport à la moyenne. Du point de vue émotionnel et financier, ils n’ont évidemment pas le même impact.

C’est là que la confusion commence.

La volatilité mesure l’amplitude des mouvements, pas leur nature. Elle ne dit pas si un actif est sain, solide ou durable. Elle ne dit pas si l’entreprise est rentable. Elle ne dit pas si vous allez atteindre vos objectifs.

Elle dit uniquement : “Les prix bougent beaucoup.”

Or, dans la vie réelle d’un investisseur, le fait que les prix bougent n’est pas forcément un problème. Ce qui devient problématique, ce sont les conséquences de ces mouvements.

Un actif peut être très volatil et parfaitement viable sur le long terme. Un autre peut être très stable et lentement destructeur.

Avant même de parler de risque, il faut donc comprendre que la volatilité est un outil statistique. Elle est utile pour comparer des actifs entre eux. Elle permet de modéliser des portefeuilles. Mais elle n’est pas une définition du danger.

La volatilité est une mesure de variation.

Le risque est une mesure de conséquence.

Si vous confondez les deux, vous prenez des décisions basées sur l’inconfort plutôt que sur la réalité économique.

PARTIE 2
Pourquoi une forte volatilité n’est pas forcément un vrai risque

Imaginons que votre portefeuille perde 25 % en six mois.

Vous ouvrez votre application bancaire. Le chiffre est rouge. La perte est visible. Immédiate. Inconfortable.

Instinctivement, vous avez l’impression que quelque chose de grave s’est produit.

Mais posez-vous une question simple.

Avez-vous vendu ?

Si vous n’avez rien vendu, vous ne possédez pas moins d’actions qu’avant. Vous possédez exactement le même nombre de parts. Ce qui a changé, c’est le prix auquel le marché accepte de les valoriser à cet instant précis.

La volatilité correspond à cette variation de prix.
Le risque réel apparaît lorsque cette variation entraîne une conséquence durable.

Il existe trois situations où une forte baisse devient réellement dangereuse.

La première est la contrainte de liquidité.
Si vous avez besoin d’argent immédiatement, et que vous êtes obligé de vendre pendant la baisse, la perte devient définitive. Ce n’est plus une fluctuation. C’est une matérialisation.

La deuxième est l’endettement excessif.
Si votre portefeuille est utilisé comme garantie, une baisse peut déclencher des appels de marge. Là encore, la volatilité se transforme en problème réel.

La troisième est l’horizon trop court.
Si vous investissez avec un horizon de quelques mois, toute variation importante devient critique. Mais dans ce cas, le problème n’est pas la volatilité. C’est l’inadéquation entre l’actif et votre horizon.

Maintenant, prenons le cas opposé.

Vous avez 35 ans. Vous investissez chaque mois. Votre horizon est de vingt ou trente ans.

Une baisse de 25 % signifie que vous achetez des parts à prix réduit pendant cette période. Si le marché finit par remonter, vous bénéficiez de ces achats à bas prix.

Dans ce contexte, la volatilité devient un mécanisme d’opportunité.

Historiquement, les grands indices actions mondiaux ont connu des baisses importantes. Certaines ont dépassé 40 ou 50 %. Pourtant, sur des horizons longs, les marchés ont toujours fini par dépasser leurs sommets précédents.

La volatilité n’a pas empêché la croissance de long terme.
Elle en fait partie.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le marché actions rémunère l’investisseur précisément parce qu’il accepte ces fluctuations. Si les rendements étaient parfaitement stables, le rendement attendu serait beaucoup plus faible.

Autrement dit, la volatilité est le prix de la performance à long terme.

Le problème n’est donc pas que les prix bougent.

Le problème est d’être structurellement incapable de supporter ces mouvements.

Si votre portefeuille est dimensionné correctement par rapport à votre horizon et à vos besoins, une forte volatilité est un événement normal.

Si votre portefeuille est mal dimensionné, la même volatilité devient un danger.

Ce n’est pas la fluctuation qui est risquée.

C’est la mauvaise préparation face à la fluctuation.

Avant d’aller plus loin
Qu’est-ce qu’un portefeuille bien dimensionné ?

Un portefeuille bien dimensionné n’est pas un portefeuille qui ne bouge pas.

C’est un portefeuille dont vous pouvez supporter les mouvements sans que cela ne vous force à prendre une mauvaise décision.

La question centrale n’est pas :
“Quelle est la volatilité de mon portefeuille ?”

La question centrale est :
“Puis-je traverser une mauvaise période sans être obligé d’agir ?”

Un portefeuille est bien dimensionné lorsque trois éléments sont alignés :

-votre horizon
-vos besoins de liquidité
-votre tolérance réelle à la baisse

Première dimension : l’horizon

L’horizon est le temps pendant lequel vous pouvez laisser votre argent investi sans en avoir besoin.

Si vous investissez pour un objectif dans vingt ans, une baisse de marché sur un an n’a pas la même importance que si vous devez utiliser cet argent dans six mois.

Plus l’horizon est long, plus vous pouvez accepter de volatilité.

Pourquoi ?

Parce que le temps absorbe les fluctuations.

Sur une semaine, le marché peut faire –5 %.
Sur un mois, –10 %.
Sur une année, –20 %.
Sur vingt ans, la probabilité d’un rendement négatif sur un indice mondial diversifié devient historiquement très faible.

Un portefeuille mal dimensionné est souvent un portefeuille trop exposé pour un horizon court.

Exemple simple : investir l’argent d’un achat immobilier prévu dans un an sur un ETF actions. La volatilité devient dangereuse non pas parce que l’actif est mauvais, mais parce que le délai est trop court.

Deuxième dimension : les besoins de liquidité

Un portefeuille bien dimensionné intègre une réserve de cash (sèche ou via obligations). Article clé ici sur ce sujet !

Si vous avez besoin de retirer 50 000 CHF l’année prochaine, cette somme ne devrait pas dépendre des fluctuations du marché actions.

Pourquoi ?

Parce que si le marché chute fortement au moment précis où vous devez vendre, la perte devient réelle.

Un portefeuille (dans le sens de patrimoine) bien construit sépare :

-l’argent à court terme
-l’argent à long terme

L’argent à court terme doit être stable, même si son rendement est faible.

L’argent à long terme peut accepter plus de volatilité.

Beaucoup d’erreurs viennent du mélange des deux.

Pour y voir plus loin je vous conseille vivement de lire ces deux article : ici et ici

Troisième dimension : la tolérance réelle à la baisse

La plupart des investisseurs surestiment leur capacité à supporter une baisse.

Dire “je peux supporter -30 %” est facile en période calme.

Le vivre est différent.

Un portefeuille bien dimensionné est un portefeuille que vous pouvez conserver même lorsque les marchés baissent fortement.

Si une baisse de 25 % vous empêche de dormir ou vous pousse à vendre, votre exposition est probablement trop élevée.

La bonne question à vous poser est :

“Si mon portefeuille perdait 30 % demain, que ferais-je ?”

Si la réponse est “je vendrais”, alors le portefeuille n’est pas adapté.

Un portefeuille bien dimensionné est un portefeuille que vous pouvez garder sans réaction émotionnelle excessive.

Comment le construire concrètement ?

Commencez par définir trois choses :

-Combien d’argent devrez-vous utiliser dans les trois prochaines années ?

-Cette somme ne devrait pas être exposée aux actions.

-Quel est votre horizon principal ?

Si vous investissez pour la retraite dans vingt ans, la volatilité de court terme est moins pertinente.

Quel niveau de baisse maximale êtes-vous réellement capable d’accepter ?

Historiquement, les marchés actions mondiaux ont connu des baisses de l’ordre de 40 à 50 % lors des grandes crises.

Si cette amplitude vous semble insupportable, votre exposition aux actions doit être ajustée.

Il ne s’agit pas d’éviter les baisses.

Il s’agit d’éviter d’être forcé d’agir pendant les baisses.

Un portefeuille bien dimensionné n’est pas optimisé pour la performance maximale.

Il est optimisé pour la survie et la discipline.

C’est cela qui transforme la volatilité en simple fluctuation plutôt qu’en risque réel.

PARTIE 3
Ce qui constitue réellement un risque en bourse

Maintenant que nous avons distingué la volatilité du danger réel, il faut aller plus loin.

Si la volatilité n’est pas le risque en soi, alors qu’est-ce qui l’est ?

Le risque en bourse n’est pas une fluctuation temporaire.
Le risque est une situation qui compromet durablement votre capital ou vos objectifs.

Il existe plusieurs formes de risque réel.

La première est la perte permanente de capital.

Si vous investissez dans une seule entreprise et qu’elle fait faillite, la perte est définitive. Le prix ne “remontera” pas. Ce n’est pas une baisse temporaire. C’est une destruction.

De la même manière, si vous achetez un actif à une valorisation totalement excessive, il peut mettre dix ou quinze ans à revenir à son prix d’achat. Le capital n’est pas forcément détruit juridiquement, mais économiquement, vous avez immobilisé votre argent sans rendement réel pendant une période très longue.

La seconde forme de risque est la concentration.

Si tout votre portefeuille dépend d’un seul secteur, d’un seul pays ou d’un petit nombre d’entreprises, vous augmentez votre vulnérabilité. Un choc spécifique peut affecter une partie disproportionnée de votre patrimoine.

Un portefeuille mondial diversifié réduit ce risque.
Non pas parce qu’il est moins volatil, mais parce qu’il diminue la probabilité qu’un événement isolé détruise votre capital.

La troisième forme de risque est le risque d’inflation.

C’est un risque souvent sous-estimé parce qu’il est lent.

Si votre argent rapporte 1 % par an alors que l’inflation est de 3 %, vous perdez 2 % de pouvoir d’achat chaque année en termes réels.

Il n’y a presque pas de volatilité visible.
Pourtant, sur vingt ans, la perte de pouvoir d’achat peut être massive.

Un actif stable peut donc être très risqué à long terme s’il ne protège pas contre l’érosion monétaire.

La quatrième forme de risque est le risque comportemental.

Beaucoup d’investisseurs prennent de mauvaises décisions sous pression.

Ils vendent après une forte baisse parce qu’ils pensent éviter un désastre.
Ils achètent après une forte hausse parce qu’ils ont peur de rater une opportunité.

La volatilité n’est pas le problème.
La réaction à la volatilité l’est.

Un portefeuille mal dimensionné amplifie ce risque.
Un portefeuille adapté le réduit.

Enfin, il existe le risque d’inadéquation.

Un actif peut être excellent dans l’absolu mais inadapté à votre situation.

Une forte exposition aux actions peut être raisonnable pour un investisseur de trente ans avec un revenu stable et un horizon long. Elle peut être imprudente pour une personne qui devra utiliser son capital dans deux ans.

Le risque dépend donc du contexte.

Ce qui est risqué pour l’un peut être cohérent pour l’autre.

En résumé, le véritable risque n’est pas que les prix bougent.

Le véritable risque est :

-de perdre définitivement
-de concentrer excessivement
-de s’exposer à une érosion lente
-de réagir émotionnellement
-ou d’investir sans cohérence avec son horizon

La volatilité n’est qu’un indicateur.

Le risque est une conséquence.

PARTIE 4
Pourquoi la recherche excessive de stabilité peut augmenter votre risque

Face à la volatilité, la réaction instinctive est souvent la même.

Chercher à la réduire.

Cela semble logique. Moins ça bouge, plus cela paraît sûr.

Mais cette intuition peut conduire à un piège.

Parce que réduire les fluctuations visibles ne signifie pas réduire le risque réel.

Prenons le cas du cash.

L’argent liquide est presque parfaitement stable. Il ne varie pas de 20 % en quelques mois. Il n’y a pas de graphique qui s’effondre. Il n’y a pas de choc émotionnel.

Pourtant, si l’inflation est supérieure au rendement du cash, votre pouvoir d’achat diminue chaque année.

Cette perte est lente, silencieuse, mais cumulative.

Sur vingt ans, une inflation moyenne de 3 % réduit presque de moitié la valeur réelle d’un capital qui ne progresse pas.

Il n’y a pas de volatilité spectaculaire.
Il y a une érosion certaine.

Regardons un autre exemple.

Certaines obligations (sèches, pas pour les ETF obligataires) peuvent sembler stables pendant longtemps. Leur prix fluctue peu dans un environnement de taux stable. Mais si les taux d’intérêt remontent fortement, leur valeur peut chuter de manière significative.

La stabilité observée dans le passé ne garantit pas la stabilité future.

La même logique s’applique aux produits complexes.

Certains produits financiers sont conçus pour réduire la volatilité visible. Ils limitent les baisses à court terme. Mais ils limitent aussi les hausses. Parfois, ils introduisent des risques cachés, comme un risque de contrepartie ou des conditions contractuelles complexes.

La faible volatilité apparente peut masquer une structure fragile.

Il faut comprendre un principe fondamental.

La performance à long terme exige une prise de risque mesurée.

Si vous éliminez totalement la volatilité, vous éliminez généralement le potentiel de rendement réel.

Or, sur un horizon long, le plus grand risque n’est pas la fluctuation.
C’est le rendement insuffisant.

Si votre portefeuille progresse trop lentement, il ne compensera pas l’inflation, les impôts, les imprévus ou vos objectifs futurs.

Vous aurez évité les baisses visibles.
Mais vous aurez compromis la trajectoire globale.

La recherche excessive de stabilité peut donc conduire à une fausse sécurité.

Un portefeuille extrêmement prudent peut sembler confortable année après année, mais devenir incapable de financer une retraite confortable ou des projets importants.

Il faut accepter une idée parfois contre-intuitive.

Un certain niveau de volatilité est normal.
Il est même nécessaire.

Le but n’est pas d’éliminer toute fluctuation.

Le but est de s’exposer à une volatilité que vous pouvez supporter, pour éviter un risque plus grave : celui de ne pas atteindre vos objectifs.

PARTIE 5
Comment évaluer concrètement le risque de votre portefeuille

Maintenant que nous avons compris que la volatilité ne suffit pas à définir le risque, la question devient pratique :

Comment évaluer réellement le risque de votre portefeuille ?

La première étape consiste à regarder autre chose que la moyenne annuelle.

Beaucoup d’investisseurs se concentrent sur le rendement moyen affiché sur dix ou quinze ans. Ce chiffre est utile, mais il ne raconte pas toute l’histoire.

Ce qu’il faut observer, c’est le pire scénario historique plausible.

Autrement dit : quelle a été la plus forte baisse subie par un portefeuille comparable au vôtre ?

C’est ce que l’on appelle le drawdown maximal.

Si un portefeuille actions mondial a déjà chuté de 45 à 50 % lors d’une crise majeure, vous devez vous demander :

Serais-je capable de conserver mes positions dans une telle situation ?

Si la réponse est non, alors le problème n’est pas le marché.
Le problème est l’exposition.

La deuxième étape consiste à analyser la cohérence entre votre horizon et la structure du portefeuille.

Si vous avez besoin d’une partie de votre capital dans trois ans, cette portion ne devrait pas être exposée à un actif capable de perdre 30 % en un an.

Cela ne signifie pas que les actions sont mauvaises.
Cela signifie qu’un actif doit correspondre à son délai d’utilisation.

La troisième étape consiste à examiner la concentration.

Combien d’actifs représentent une part significative de votre portefeuille ?

Si 40 % de votre patrimoine dépend d’un seul secteur ou d’un seul pays, vous êtes vulnérable à un choc spécifique.

Un portefeuille diversifié réduit la probabilité qu’un événement isolé compromette l’ensemble.

La quatrième étape concerne votre capacité d’adaptation.

Avez-vous une marge de manœuvre ?

Disposez-vous d’une réserve de sécurité pour éviter de vendre en période difficile ?

Votre niveau de dépenses est-il flexible ?

Un portefeuille peut sembler bien construit sur le papier. Mais s’il ne laisse aucune marge, la moindre fluctuation devient stressante.

Enfin, il faut intégrer une dimension souvent négligée : votre comportement.

Votre histoire personnelle compte plus que la théorie.

Comment avez-vous réagi lors des dernières corrections de marché ?

Avez-vous vendu ?
Avez-vous acheté davantage ?
Avez-vous paniqué ?

Votre réaction passée est un indicateur plus fiable que vos intentions déclarées.

En réalité, le risque n’est pas seulement une caractéristique du portefeuille.

C’est l’interaction entre le portefeuille et vous.

Un portefeuille est adapté lorsqu’il vous permet de rester discipliné, même lorsque les marchés deviennent inconfortables.

Si vous pouvez traverser une forte baisse sans modifier votre stratégie, le risque est maîtrisé.

Si chaque fluctuation vous pousse à remettre en question votre allocation, le portefeuille n’est pas dimensionné correctement.

PARTIE 6
Conclusion : redéfinir le risque pour investir intelligemment

Si vous retenez une seule idée de cet article, que ce soit celle-ci :

La volatilité n’est pas le risque.
Elle est la manifestation visible de l’incertitude.

Le risque réel est plus profond.
Il correspond à ce qui peut compromettre durablement vos objectifs.

Un portefeuille qui fluctue n’est pas forcément dangereux.
Un portefeuille stable n’est pas forcément sûr.

Ce qui compte réellement, c’est l’alignement entre trois éléments :

-Votre horizon.
-Vos besoins futurs.
-Votre capacité à rester discipliné.

Si votre horizon est long et que votre portefeuille est diversifié, une baisse temporaire fait partie du fonctionnement normal des marchés.

Si votre horizon est court, ou si vous avez besoin de liquidités imminentes, la même baisse peut devenir problématique.

Le risque n’est donc pas universel.
Il est personnel.

Il dépend de votre situation, de votre structure financière et de votre comportement.

La maturité d’un investisseur ne consiste pas à éviter toute fluctuation.

Elle consiste à accepter une volatilité cohérente pour éviter des risques plus graves :

-Une perte permanente.
-Une concentration excessive.
-Une érosion lente du pouvoir d’achat.
-Une réaction émotionnelle destructrice.

La vraie gestion du risque commence lorsque vous cessez de vous demander :

“Est-ce que ça bouge beaucoup ?”

Et que vous commencez à vous demander :

“Est-ce que cette stratégie me rapproche réellement de mes objectifs, même en période difficile ?”

C’est à ce moment-là que vous cessez de subir la volatilité.

Et que vous commencez à investir avec méthode.